Corinne Crespi : "Le goût de la matière"

J’ai toujours aimé travailler de mes mains et cela dans différentes matières : tissus, pastel, pierre, terre.
Le hasard a voulu que près de chez moi, il y ait un atelier tenu par un sculpteur, atelier dans lequel on pouvait sculpter la pierre, le bois, la terre.
J’ai eu envie d’essayer la pierre. Sculpter la pierre c’est enlever de la matière de manière définitive. C’est cet aspect définitif qui m’a assez vite découragée.
Après quelques essais qui sont venus à bout de ma patience, je me suis tournée vers la terre ; tout est plus facilement modifiable, modulable : on peut en enlever ou en ajouter selon l’évolution du travail.
De mon travail sur le tissu, j’ai appris la minutie, le goût des finitions. De mon travail sur le pastel, j’ai appris à regarder vivre les couleurs entre elles. Tout cela allait venir se mêler au travail de la terre et de ce que je voulais faire avec.
Avant de commencer, je sais exactement ce que je veux obtenir. Reste à avoir la maîtrise du pétrissage, l’intuition du séchage. Ce n’est pas rien.
Les visages et les bustes m’intéressent car ils expriment par le regard ou le sourire, la vie ou les stigmates de la vie. Un simple détail comme une casquette, un turban ou un peigne, traduit l’attachement à un pays ou à un travail. Mon but est que mes modelages racontent une histoire et touchent ceux qui les regardent.
La partie du travail qui me passionne énormément concerne les finitions : le choix des couleurs, les accessoires, la patine, l’ajout parfois de tissus, de dentelles ou de tout autre chose me semblant appropriée à apporter de la vie, de la vraisemblance, de l’humanité, de la beauté. Il faut que le tout fonctionne ensemble ; il en va de la cohérence et de l’exactitude de ce que je donne à voir. C’est une étape très créative que j’aime beaucoup.
Pour admirer mes sculptures ou les acquérir, envoyez moi un message ou venez me rencontrer à une exposition...
J’espère que vous passerez un bon moment en leur compagnie.
Corinne Crespi